Vous voulez les faits montrant que l'appel à la négociation entre Russie et Ukraine est de mauvaise foi? Wikipédia est pratique. Donc, chronologie: le 24 février 2022, les troupes russes attaquent l'Ukraine. Le 27 février 2022, Zelenski accepte les pourpalers ⬇️ fr.wikipedia.org
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A l'invitation de la Biélorussie (pays qui, le même jour, modifiait sa constitution pour pouvoir stocker l'arsenal nucléaire russe - paie ta puissance neutre pour faire les négociations...) Les premières négociations commencent donc 3 jours après le début de la guerre.
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Poutine exige neutralité de l'Ukraine, « dénazification », « démilitarisation », la reconnaissance de la Crimée comme territoire russe. Les négociations échouent. (Ah oui, anecdote amusante. Le 19 février 2022, la Russie prétendait qu'il y avait une agression ukrainienne après qu'un présumé ou prétendu obus d'artillerie ukrainien aurait explosé près de Rostov, à 1 km de la frontière. reuters.com
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Pour les amateurs d'histoire, ça rappelle pas mal la manière dont Hitler a justifié l'invasion de la Pologne: l'incident de Gleiwitz le 31 août 1939, où les nazis simulent une attaque polonaise contre un émetteur radio situé à Gleiwitz, alors en Allemagne. Et pour le fun fact dans l'anecdote: le mec qui avait rassemblé les armes et les uniformes polonais pour habiller les fausses troupes polonaises, c'est... Oskar Schindler, qui avait des responsabilités dans l'Abwehr à cette époque. Oui, oui, c'est bien le gars de la Liste de Schindler) Le 3 mars 2022, deuxième séance de pourparlers, toujours en Biélorussie. On trouve un accord pour établir des couloirs humanitaires, avec cessez-le-feu temporaire pour permettre les évacuations. Zelensky demande à négocier directement avec Poutine. Dixit: ""Je dois parler à Poutine [...], car c'est le seul moyen d'arrêter cette guerre", a-t-il déclaré, se disant "ouvert" et "prêt à aborder toutes les questions" avec le président russe. "Il faut parler sans condition, sans rancœur, comme des hommes."" ici.radio-canada.ca
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De même, il dit qu'il y a "des choses sur lesquelles il faut trouver des compromis pour que les gens cessent de mourir". Pendant ce temps, Macron rencontre Poutine. Je continue à citer Radio-Canada: "Selon l'Élysée, le maître du Kremlin a fait part de "sa très grande détermination" à poursuivre son offensive, dont le but est "de prendre le contrôle" de toute l'Ukraine" "Le Kremlin a pour sa part indiqué que le président russe a informé Emmanuel Macron de son intention de poursuivre "sans compromis" son offensive contre les "nationalistes" en Ukraine et a menacé d'ajouter des "exigences supplémentaires" à sa liste déjà longue de demandes envers Kiev." Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lui, évoque carrément le risque d'un conflit nucléaire. On est fin février 2022, je le répète. Le 5 mars 2022, Israël (si, si! Ironic, isn't it?) se propose comme médiateur du conflit. Le premier ministre israélien, Bennett à l'époque, et son ministre du logement (qui est russophone et d'origine ukrainienne) se rendent à Moscou sur demande de Zelensky pour rencontrer Poutine On ne sait pas trop ce qui s'est dit, mais ça n'a pas bien marché, visiblement. Début mai 2022, les relations entre Israël et la Russie se tendent parce que Lavrov déclare qu'être juif et nazi n'est pas incompatible et dit "Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif"
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Notons que la Russie ne s'arrête pas là, puisqu'elle en profite aussi pour viser le président letton Egils Levits, qui "a également des racines juives et il couvre aussi (...) la réhabilitation de la Waffen SS dans son pays". rtbf.be
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Moscou finit par accuser Israël de soutenir le "régime néonazi de Kiev" et dit: "L'histoire connaît malheureusement des exemples tragiques de coopération entre juifs et nazis" (toute ressemblance avec d'autres discours contemporains ne pourrait évidemment être que fortuite, n'est-ce pas?) Le 16 mars 2022, le FT révèle que la Russie et l'Ukraine travaillent sur un accord préliminaire en 15 points qui comprendrait : "le cessez-le-feu et le retrait des troupes russes, la déclaration de neutralité de l'Ukraine inscrite dans sa Constitution, le russe comme langue co-officielle et enseignée dans les écoles, et bien que la Russie ait demandé la « démilitarisation » de l'Ukraine, elle ne demanderait désormais que des limites à son armée et l'interdiction des bases militaires étrangères ou des missiles nucléaires sur son territoire ; en échange la sécurité de l'Ukraine serait prise en charge par la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis". Le gros point de discorde est le sort du Donbass et de la Crimée. ft.com
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Les deux parties continuent à négocier à Istanbul fin mars 2022, avec un projet de traité en 11 points cette fois. L'Ukraine aurait droit de rejoindre l'UE, mais pas l'OTAN, et ne pourrait pas accueillir de forces étrangères sur son territoire. Les Etats garants de ce traité (conseil de sécurité de l'ONU, mais aussi Turquie, Allemagne, Italie, Israël, Pologne, Canada) s'engageraient à apporter leur soutien à l'Ukraine en cas de nouvelle attaque. En revanche, la négociation sur les frontières exactes ne serait pas faite, mais la Russie et l'Ukraine s'engageraient à résoudre la question dans les 10 à 15 années suivantes. Différentes versions du traité sont échangées, avec par exemple des précisions sur la taille maximale de l'armée ukrainienne ou sur la reconnaissance du russe comme une des langues officielles de l'Ukraine Les négociations finissent par échouer, et s'arrêtent en mai 2022. Parmi les raisons, une réticence des partenaires occidentaux de l'Ukraine à lui fournir des garanties de sécurité malgré leur inclusion comme parties au traité (tu parles de va-t-en guerre...) foreignaffairs.com
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Mais on a aussi le fait que la situation militaire de l'Ukraine s'améliore, et qu'il s'agit plus d'un plan de long terme que d'un accord de cessez-le-feu (ça manque de détails concrets, quoi) Relance des négociations en 2025. Eh oui, Trump vient d'être réélu, et croit qu'il va régler la situation en quelques jours. Le 12 février 2025, après une conversation téléphonique avec Poutine, Trump déclare que les négociations redémarrent immédiatement. Le 18 février 2025, Rubio part pour Riyad pour négocier avec Lavrov... sans la présence des Ukrainiens. Zelensky proteste. Le 24 février 2025, les Etats-Unis s'alignent sur la position russe à l'ONU en votant contre une résolution de l'Assemblée générale soutenue par l'Europe condamnant la Russie et exigeant le retrait de ses troupes d'Ukraine Le 28 février 2025, Zelensky se rend à la Maison-Blanche, dans une ambiance très tendue (Trump avait failli annuler l'invitation, mais Macron l'avait convaincu de la conserver). Mais si, vous vous souvenez de la vidéo lemonde.fr
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L'administration américaine faisait alors pression sur l'Ukraine pour qu'elle accepte de partager les revenus de ses ressources minérales avec les États-Unis, et Zelensky venait à Washington pour signer ça. Notons que c'est une idée de Biden en 2024, cet accord, à la base. Mais vu la tension, la réunion se termine brutalement, sans que Zelensky signe l'accord. Trois jours plus tard, les Américains annoncent suspendre temporairement toute aide militaire à l'Ukraine theguardian.com
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Le 2 mars 2025, l'UE et le Canada tentent de créer une coalition des volontaires pour mettre en place un plan en quatre points renforçant le soutien à l'Ukraine et soutenant un accord de paix durable qui garantisse sa souveraineté et sa sécurité Le 11 mars 2025, Américains et Ukrainiens se retrouvent, et l'Ukraine accepte la proposition américaine d'un cessez-le-feu de 30 jours. En conséquence, les États-Unis rétablissent leur soutien militaire et le partage de renseignement à l'Ukraine. La proposition est transmise à la Russie. Poutine dit être ouvert au cessez-le-feu, mais sous certaines conditions: il souhaite davantage de discussions sur la question de l'occupation ukrainienne dans l'oblast de Koursk, les livraisons d'armes à l'Ukraine pendant le cessez-le-feu et ses modalités d'application et de contrôle Le 18 mars 2025, après un coup de fil entre Trump et Poutine, ce dernier accepte de cesser les frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes pour 30 jours et d'entamer les négociations pour un cessez-le-feu plus étendu politico.com
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Il en profite pour affirmer qu'une paix durable ne pourra être atteinte qu’à la condition d’une cessation totale de l’assistance militaire et du partage de renseignements à l’Ukraine nytimes.com
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Le 25 mars, la Maison-Blanche fait des communiqués pour dire que les Etats-Unis sont parvenus à un accord avec l'Ukraine et la Russie pour cesser les hostilités en mer Noire (les fameux communiqués de Trump...) Le 17 avril, les États-Unis et l'Ukraine signent un mémorandum d'entente marquant une étape initiale vers la conclusion d'un accord sur les minéraux ukrainiens. Le lendemain, Rubio annonce que s'il n'y a pas de progrès significatif, les Etats-Unis arrêteront leurs efforts pour arriver à une paix Le 19 avril 2025, Poutine annonce vouloir mettre en œuvre une trêve de 30 heures (de 18 heures le 19 avril à minuit le 21 avril) à l'occasion de Pâques. L'Ukraine accepte, mais les deux pays s'accusent mutuellement de violer la trêve. Le 30 avril 2025, l'accord sur les minerais ukrainiens entre l'Ukraine et les Etats-Unis est signé à Washington, et est ratifié à l'unanimité par le Parlement ukrainien le 8 mai. Le 15 mai 2025, pour la première fois depuis 2022, les délégations russe et ukrainienne se rencontrent directement (eh oui, puisque depuis début 2025, on avait juste les Etats-Unis qui parlaient à chaque belligérant et faisaient l'intermédiaire entre les deux) à Istanbul. Cela aboutit à un accord pour échanger 1000 prisonniers (le plus gros échange de prisonniers depuis le début de l'invasion). Le 19 mai 2025, Trump et Poutine échangent au téléphone. Trump affirme que les négociations entre Ukraine et Russie pour un cessez-le-feu commencent immédiatement (une impression de déjà-vu, pas vrai?) La Russie maintient cependant qu'elle refuse de travailler à établir un cessez-le-feu sans concessions sur "l'influence occidentale en Ukraine" Le 2 juin, deuxième round de négociations à Istanbul. Lors de ce round, la Russie réclame la reconnaissance de jure de sa souveraineté sur cinq régions occupées (Crimée, Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia), l'interdiction de l'adhésion ukrainienne à l'OTAN, la limitation de la taille de son armée, La fin de l'aide militaire étrangère, du partage du renseignement à l'Ukraine, de la mobilisation et de la loi martiale, la levée des sanctions, la remise du marche du gazoduc traversant l'Ukraine, la reconnaissance du russe comme langue officielle, Le rétablissement du patriarcat de Moscou sur l'Église orthodoxe ukrainienne, le renoncement à toute demande de réparation ou d'indemnisation et la tenue d'élections présidentielles et parlementaires cent jours après la levée de la loi martiale lemonde.fr
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Le 14 juillet 2025, Trump adresse un ultimatum de 50 jours à Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine sous peine d'imposer des sanctions économiques massives contre la Russie. Trump étant Trump, il réduit ensuite la durée à une dizaine de jours. L'ultimatum expire le 8 août, sans avancée Le 15 août, il y a un sommet bilatéral américano-russe, qui échoue (encore) à aboutir à un accord. Fin octobre 2025, les envoyés spéciaux russe et américain, Kirill Dmitriev et Steve Witkoff, élaborent conjointement et en secret un plan de paix en 28 points soutenu par les États-Unis Ce plan, vu comme très favorable à la Russie, est discuté le 23 novembre entre les États-Unis, l'Ukraine, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Il est alors remodelé par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Accessoirement, il y a une polémique sur ce plan de paix, à la fois parce que l'émissaire spécial de Trump aurait carrément conseillé le Kremlin pour que le plan soit plus acceptable par ses boss aux Etats-Unis, ici.radio-canada.ca
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et parce qu'il y aurait carrément des formulations directement traduites du russe lepoint.fr
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Aux dernières nouvelles, où en est-on? Il y a trois semaines, les Etats-Unis essayaient de relancer les négociations, au point mort. Nouvel entretien téléphonique entre Poutine et Trump. dhnet.be
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Bref cessez-le-feu lors de la visite des émissaires américains, avant la reprise des bombardements russes. Poutine dit vouloir engager des négociations, dans l'idée d'une "désescalade" en vue de l'hiver. Zelensky indique alors être prêt à entamer les négociations dès le mois de septembre.
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Bon, pour changer, chaud et froid sur le dossier: hier, Poutine laissait entendre qu’il ne reprendrait pas de pourparlers de paix pour l’instant ledevoir.com
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Bref, je pense que tout ça donne une bonne idée de la situation: les appels à la "négociation", comme si elle n'avait pas lieu depuis le début, nous prennent pour des pigeons. En outre, est-ce que voyez bien à quel point le discours prétendument "pacifiste" des anti-guerre de gauche est en fait un alignement total sur la vision du monde et le monde de raisonnement raisonnement du Kremlin? En fait, ils s'alignent sur la méthode de Trump: faire pression le plus possible sur l'Ukraine, plutôt que sur la Russie, pour qu'elle cède et capitule. Sauf que ça ne marche pas. Déjà parce que le camp occidental n'est pas du tout aligné, en fait. Ensuite parce que l'Ukraine est beaucoup moins dépendante de nous aujourd'hui qu'en 2022. C'est un pays indépendant, avec une vraie capacité militaire, qui refuse qu'on négocie à sa place, pas un gouvernement fantoche qu'on aurait mis en place dans un proxy ou un protectorat et qui nous obéirait au doigt et à l’œil. Il y en a qui feraient bien d'arrêter de jouer à Civilization VII ou d'adhérer à une vision du monde digne des grandes heures de la Françafrique. Ce qui ne veut pas dire que l'aide occidentale à l'Ukraine n'est pas utile. Mais pas au point de rendre les Ukrainiens obligés d'obéir au moindre de nos désirs. Vous pensez bien que si même les Etats-Unis n'ont pas réussi à les faire plier, c'est pas la France "non-alignée" qui y arrivera.