[ #VeilleESR #OffensiveObscurantiste ] Beaucoup de désinformation de cet article de presse. Rapide #Debunk des arguments habituels des partisans idéologiques de la privatisation de l'enseignement supérieur.
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C'est un fait : les effectifs du privé croissent beaucoup plus vite que ceux du public. Pour autant, il n'y a pas substitution : les places dans le public ont simplement été gelées par le gouvernement alors que la démographie a augmenté. C'est un choix politique, pas un engouement des jeunes.
« l’attractivité du privé s’explique souvent par sa performance », et pour preuve : Sainte-Geneviève et Stanislas, qui ne sont représentatifs de rien. Une infime minorité des 800k étudiants du privé sont dans du privé d'élite. La majorité est en BTS de proximité et en alternance.
« La différence entre privé et public peut également résider dans le contenu de l’enseignement ». Là encore, c'est très minoritaire. L'exemple pris montre bien la question idéologique sous-jacente : doit-on laisser la formation des journalistes aux grandes-fortunes et fortunes d'extrême droite ?
Pour le Figaro, la réponse est clairement oui, mais sans preuve factuelle. Tout repose sur l'avis d'une personne, deux anecdotes contestables (genre on apprends pas la disputatio dans le public, comment dire...), une accusation de wokisme et du name-dropping (comment dire...).
L'article regrette ensuite qu'il ait été difficile de toucher de l'argent public pour une école fondée sur l'impulsion de Philippe de Villiers avec l'appui de papes catholiques.
La comparaison des financements est complètement pétées : D'abord le financement n'a pas évolué aussi rapidement que le nombre d'étudiants aussi dans le public, avec une baisse autour de 20%. Les EESPIG ont sans doute été mieux traitées que ça.
Ensuite, une licence de coute *évidemment* pas du tout 77k€ au contribuable. Une année de Licence c'est 3700€ en moyenne, pas 12250. Dans les disciplines des EESPIG, c'est beaucoup moins, car le privé évite ce qui coute cher : chimie, physique, etc.
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Ensuite, on a un énorme placard publicitaire pour l'école de M. De Villiers. Les enseignants y font sans doute de l'excellent travail. On y trouve 2100 étudiants pour 850 enseignants chercheurs (EC), soit 40 EC pour 100 étudiants. Dans le public, c'est 4. Dix fois moins.
Les universités, c'est en gros 70 établissements avec 1,6 millions d'étudiants pour 60 000 enseignants chercheurs. Si on avait des universités avec 2100 étudiants et 850 EC, il faudrait 7600 universités et 600 000 EC. Qui ferait alors le meilleur travail ?

Ici on a d'abord on contresens politique : « grade » n'est pas du tout une terminologie pour ménager les universités « jalouses », mais pour les attaquer. *Personne* ne fait la différence entre grade et titre. Ensuite, le marché des titres RNCS est essentiellement de privé à privé.
« Dans certains secteurs, l’attractivité du privé s’explique tout simplement par l’absence ou la faiblesse de la concurrence du public » Absolument. Parce que le job du public *n'est pas* de faire de la concurrence au privé. Et c'est très bien comme ça.
« Cette aspiration à répondre aux besoins du marché du travail est l’une des caractéristiques du privé. » Forcément, car s'il faut vendre une formation il faut qu'elle rapporte. Est-ce que pour autant ça couvre les besoins de la nation ? Non, car des tonnes de métiers utiles ne sont pas rentables.
Ensuite, on prend l'exemple de l'informatique, qui n'est représentatif de rien : croissance délirante des besoins d'emplois, faible cout de formation, beaucoup d'auto-didactes, c'est une exception disciplinaire. Et malgré ça le privé a eu besoin d'argent public pour arriver à se développer.
L'article termine sur un exploit : faire la publicité du groupe Galileo Global Education sans prononcer le nom de Muriel Penicaud, Ministre à l'origine de l'argent public sus-mentionné et désormais payées par Galileo Global Education premier bénéficiaire du-dit argent public.
Si l'article cite Le Cube de @clairemarchal.bsky.social - qui est la seule source sérieuse sur le fonctionnement de GGE - c'est pour en évacuer les enseignements essentiels sur la base d'un... sondage payé par GGE. La conclusion reste quand même sur "une enquête est en cours".
Pour conclure, ce qui est intéressant avec ce type d'article, c'est qu'il démontre qu'il est très difficile de défendre l'enseignement supérieur privé lucratif avec des arguments objectifs. L'exercice impose de mentir sur les chiffres et de tordre la réalité pour ne pas assumer une idéologie. Je termine en disant que c'est d'autant plus dommage qu'il y a beaucoup à dire sur le rapport public-privé dans l'enseignement supérieur, et sans doute des synergies vertueuses à mettre en œuvre, mais que ça nécessite de sortir de ce réflexe mal contrôlé de #ProfBashing crasse. De la part d'un journal plus libéral qu'oligarchique, on aurait pu attendre par exemple qu'il dénonce les 25Md€ de l'alternance, s'effare que 25k€ / étudiant soit sans efficacité sur l'emploi des jeunes, et prône la privatisation totale de l'alternance, avec 0€ d'argent public. Par exemple.