#BBC2025 Première conférence : Charlotte Luyck. L'écoféminisme chrétien : oxymore ou nouvelle voie ? CL : Un sujet qui permet de vous mettre à peu près tout le monde à dos ! En réalité c'est un enjeu central à l'intersection de grands enjeux : habiter la terre, ensemble, en relation avec Dieu. 1/
L'écoféminisme = la rencontre du féminisme et de l'écologie. Oui, mais aussi la critique écologiste du féminisme et la critique féministe de l'écologisme ! Difficile à caractériser. Une approche militante, une approche + théorique. Tendance + sociale (matérialiste) ou + culturelle (spirituelle). 2/ Il existe des liens entre domination des femmes et domination de la nature. Un ensemble de représentations et de rôles informés par une culture patriarcale qui prône une pensée dualiste : culture (masculin) / nature (féminin). L'écoféminisme vient instaurer un "reclaim" vis à vis de cette pensée. 3/ Dans la tendance spirituelle, la religion a une grande place, de manière positive ou négative. Le christianisme est considéré comme un vecteur principal d'élaboration et de justification de cette culture oppressive. 4/ Cette culture oppressive se caractérise par : androcentrisme, anthropocentrisme, accent mis sur la transcendance divine, la kyriarchie ou hiérarchie, une pensée finalement dualiste. L'écoféminisme se donne pour tâche d'y répondre point par point. 5/ Starhawk oppose le "pouvoir du dedans" au "pouvoir sur". La "déesse" dont elle parle (Wicca) est une forme d'immanence, presque de panthéisme. L'engagement spirituel et l'activisme politique sont inséparables chez elle. 6/ Pas simple de penser un écoféminisme chrétien ! On doit distinguer une théologie de LA femme, qui émane du Magistère catholique, et la théologie féministe. Si on ajoute la dimension écologiste, on ajoute la crainte d'immanentisme et de paganisme... Bref, écoféminisme chrétien, c'est un oxymore ! 7/ Les féministes chrétiennes cherchent à trouver un chemin, notamment en cherchant à ne pas opposer systématiquement immanence et transcendance. Dans "Gaïa et Dieu.e", la démarche est critique, exploratoire, autocritique, théorique et pratique.
On a maintenant bien intégré le fait que les questions de société et la sauvegarde de la création sont liées. Mais on ne va pas toujours jusqu'aux questions de genre. Dieu.e : une façon de rendre Dieu au mystère, de le sortir de nos schémas. Revisiter le vocabulaire, ouvrir des "codes fermés". 9/ La Trinité, c'est aussi ce qui permet de penser l'articulation de la diversité et de l'unité. Les théologiennes écoféministes essayent d'articuler immanence et transcendance : il s'agit de réinscrire le cosmos dans le monde de Dieu. 10/ Cela a aussi une dimension politique : le réel existant n'est pas nécessairement bon en soi. Le Christ peut être présenté comme un anti-messie, figure non dominante. Ou bien comme Sagesse, plutôt que Logos (masculin). 11/ 3e voie : le Christ s'est fait chair cosmique et non seulement humaine. 4e : relire le mystère de la croix. Pour Charlotte Luyck, l'écoféminisme peut être chrétien. Il y a un chantier à entreprendre ou à poursuivre ! 12/12